Prealys
← Tous les articles

Publié le 7 septembre 2026

Recherche d'héritiers : combien ça coûte ?

Vous recevez une lettre. Un cabinet vous informe qu'une succession vous concerne, qu'un héritage vous attend peut-être, et qu'il vous en dira davantage après signature d'un contrat.

Vous ne savez ni de qui vous héritez, ni de quel montant il s'agit. Et l'on vous demande déjà de vous engager sur ce que vous devrez verser.

Cette situation est légale, elle est courante, et elle porte un nom : la recherche d'héritiers. Reste la question que des milliers de personnes tapent chaque mois sans trouver de réponse neutre : combien prend un généalogiste mandaté par un notaire, et qui paie ?

Pourquoi un généalogiste entre en scène

Le notaire chargé d'une succession doit établir avec certitude qui hérite. Quand la famille est éclatée, quand les enfants d'un frère décédé sont introuvables, ou quand il n'existe aucun héritier proche, il ne peut pas se contenter d'une liste approximative.

Il fait alors appel à un généalogiste successoral. Deux situations très différentes se présentent, et elles ne coûtent pas la même chose.

Dans le premier cas, la vérification de dévolution : le notaire connaît en gros la famille, mais veut confirmer qu'il n'a oublié personne. C'est un travail de contrôle, commandé par lui.

Dans le second, la révélation d'héritier : personne ne sait que vous existez, ou vous-même ignorez tout de cette succession. Le généalogiste vous retrouve, puis vous propose ce fameux contrat.

Ce que ça coûte réellement

Voici le point que les sites des cabinets de généalogie n'affichent pas clairement, et pour cause : aucun barème ne s'impose à eux.

La seule source publique chiffrée est l'exposé des motifs d'une proposition de loi déposée au Sénat. Elle indique que la rémunération est très généralement un pourcentage de l'actif net de la succession, et que pour les collatéraux ordinaires, les cousins par exemple, ce pourcentage se situe entre 35 % et 48 % TTC. S'y ajoutent des frais de dossier allant de 95 € à 240 €.

Lisez bien : il ne s'agit pas d'un pourcentage des recherches, ni d'un tarif horaire. C'est une fraction de ce que vous recevez. Sur un héritage de cousin éloigné, près de la moitié peut ainsi revenir au cabinet.

Notaire et généalogiste : la différence qui change tout

Beaucoup de gens confondent les deux, parce qu'ils arrivent ensemble dans le même dossier. Leur encadrement n'a pourtant rien à voir.

Le notaireLe généalogiste successoral
Ses tarifsréglementés par l'Étatlibres, fixés par contrat
D'une maison à l'autreidentiquesvariables
Comparer sert-il ?non, c'est le même tarifoui, et cela change beaucoup

C'est pourquoi notre article sur Combien coûte un notaire ? Émoluments, droits et débours expliqués peut donner des montants précis, alors qu'ici nous ne pouvons donner que des ordres de grandeur constatés. Ce n'est pas une réticence de notre part : le chiffre exact n'existe pas, puisqu'il dépend d'un contrat privé.

La règle protectrice que personne ne vous dira

Voici l'information la plus utile de cet article, et elle figure dans la loi depuis 2006.

Sauf pour les successions vacantes ou en déshérence, nul ne peut rechercher des héritiers sans être porteur d'un mandat. Ce mandat peut être donné par toute personne ayant un intérêt direct et légitime à l'identification des héritiers ou au règlement de la succession, le notaire au premier chef.

Et la sanction est sévère. Celui qui s'y livre sans mandat ne peut prétendre à aucune rémunération, sous quelque forme que ce soit, ni à aucun remboursement de frais.

Autrement dit : le mandat n'est pas une formalité administrative, c'est la condition même du droit à être payé. La question à poser, avant toute signature, tient en une phrase : qui vous a mandaté, et pouvez-vous me le montrer ?

Ce que l'on vous fait signer sans le savoir

Le déséquilibre du contrat de révélation ne tient pas seulement au prix. Il tient à ce que vous ignorez au moment de signer.

Selon l'exposé des motifs de la même proposition de loi, l'héritier signe sans connaître l'identité du défunt, son degré de parenté avec lui, ni le montant de la succession. Le Conseil supérieur du notariat relève le déséquilibre de ces contrats et la présence de clauses pouvant être abusives sur la répartition des frais.

Un autre risque est signalé : les fonds transitent par les comptes des cabinets, sans garantie bancaire distincte. En cas de défaillance du cabinet, les héritiers ne sont pas protégés.

Ce n'est pas une opinion militante, c'est le constat d'un texte parlementaire. Il ajoute que ce vide juridique alimente un contentieux considérable et récurrent : actions en nullité du contrat pour absence de cause, actions en réduction des honoraires, litiges fondés sur le droit de la consommation.

Ce qui pourrait changer

Une proposition de loi relative à la recherche successorale a été déposée au Sénat le 4 juin 2025 par la sénatrice Isabelle Florennes et plusieurs de ses collègues.

Elle prévoit un barème fixé par décret, tenant compte du degré de parenté avec le défunt et du montant de l'actif net, et couvrant aussi les vérifications de dévolution. Elle prévoit également que le notaire répartisse directement les fonds entre les héritiers et règle le généalogiste séparément, ce qui supprimerait le passage de l'argent par les comptes du cabinet.

Une réserve importante, et elle vaut pour tout texte en cours : cette proposition en est au stade de la première lecture et n'a pas été adoptée. À ce jour, rien n'a changé, et les honoraires restent libres.

Ce que ça veut dire pour vous

Trois réflexes, si une telle lettre arrive.

Ne signez pas dans l'urgence. Un contrat de révélation vous engage sur une fraction de ce que vous n'avez pas encore reçu, et rien ne vous oblige à répondre le jour même.

Demandez le mandat. C'est votre meilleur levier, et il est prévu par la loi.

Faites lire le contrat par un tiers. Le notaire chargé de la succession est le mieux placé pour vous dire si la démarche est régulière, et notre article Régler une succession : qui contacter ? décrit à qui s'adresser à chaque étape.

Ces informations sont données à titre indicatif, d'après les éléments publics disponibles ; un notaire ou un avocat les confirmera au regard du contrat qui vous est proposé. Et si vous vous demandez ce que votre propre succession réserverait à vos proches, commencez par votre bilan successoral gratuit.

Envie de faire le point sur votre situation ?

Faire mon bilan successoral