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Publié le 24 août 2026

Donation : à qui peut-on donner, et combien ?

Bonne nouvelle pour commencer : vous pouvez donner à qui vous voulez. Un enfant, un parent, un ami, un voisin, une association. La loi ne vous impose aucune liste de bénéficiaires autorisés.

Ce qui change du tout au tout, en revanche, c'est ce qu'il en restera dans les mains de celui qui reçoit. Voici le tableau complet, puis les surprises que personne ne voit venir.

À qui, et combien sans payer de droits

À titre indicatif, selon la réglementation en vigueur, voici l'abattement dont dispose chaque bénéficiaire, et le taux qui s'applique au-delà.

| Vous donnez à | Abattement | Taux au-delà | |---|---|---| | Votre enfant | 100 000 € | de 5 % à 45 % | | Votre père ou votre mère | 100 000 € | de 5 % à 45 % | | Votre époux ou partenaire de PACS | 80 724 € | barème spécifique | | Votre petit-enfant | 31 865 € | de 5 % à 45 % | | Votre arrière-petit-enfant | 5 310 € | de 5 % à 45 % | | Votre frère ou votre sœur | 15 932 € | 35 % puis 45 % | | Votre neveu ou votre nièce | 7 967 € | 55 % | | Votre concubin, un ami, un tiers | aucun | 60 % |

Un abattement supplémentaire de 159 325 € s'ajoute lorsque le bénéficiaire est une personne en situation de handicap, et il se cumule avec celui du lien de parenté. Nous détaillons ce point dans notre article sur la protection d'un proche en situation de handicap.

Autre repère essentiel : ces abattements ne sont pas à usage unique. Ils se reconstituent tous les 15 ans.

Trois surprises que ce tableau réserve

Votre conjoint n'est pas exonéré de votre vivant. C'est le contresens le plus fréquent. Au décès, le conjoint survivant et le partenaire de PACS ne paient aucun droit de succession, quel que soit le montant. Mais de votre vivant, une donation entre vous n'ouvre qu'un abattement de 80 724 €. Exonération totale après, abattement limité avant : les deux régimes n'ont rien à voir.

Le concubinage coûte très cher. Vingt ans de vie commune ne créent aucun droit. Sans mariage ni PACS, votre compagne ou votre compagnon est, aux yeux de la fiscalité, une personne étrangère : aucun abattement, et 60 % de droits. C'est l'écart le plus brutal de tout le tableau, et il ne tient qu'à une signature en mairie.

On peut aussi donner vers le haut. Beaucoup l'ignorent : un abattement de 100 000 € existe aussi pour une donation à son père ou à sa mère, dans les mêmes conditions qu'à un enfant. Aider un parent âgé n'est donc pas fiscalement pénalisé.

Les associations et fondations : l'exonération totale

C'est le cas le plus favorable de tous, et il est peu connu.

Les dons et legs consentis à certains organismes sont totalement exonérés de droits : établissements d'utilité publique dont les ressources vont à des œuvres d'assistance, de bienfaisance, à la recherche, à la défense de l'environnement ou à des œuvres scientifiques et culturelles désintéressées. L'exonération a même été étendue à des associations simplement déclarées poursuivant un but exclusif d'assistance et de bienfaisance.

Autrement dit : transmettre 100 000 € à une association reconnue peut ne rien coûter en droits, là où la même somme à un ami en laisserait une fraction. Toutes les structures ne sont pas éligibles, et c'est un point à faire vérifier, mais l'écart mérite d'être connu avant de renoncer à un projet qui vous tient à cœur.

La seule vraie limite : vos enfants

Vous donnez à qui vous voulez, mais pas tout, si vous avez des enfants.

La loi leur réserve une part minimale de votre patrimoine : la moitié avec un enfant, les deux tiers avec deux enfants, les trois quarts avec trois enfants ou plus. Seul le solde, appelé quotité disponible, se transmet librement.

Une donation qui déborde cette réserve n'est pas nulle, mais elle peut être réduite au décès, à la demande des enfants. Autrement dit, le bénéficiaire devra rendre une partie de ce qu'il a reçu, parfois des années plus tard. C'est exactement le conflit familial que l'on cherchait à éviter, et c'est pourquoi ce type d'opération se construit avec un notaire.

Si vous n'avez pas d'enfant, cette limite disparaît : vous disposez de la totalité de votre patrimoine. Notre page dédiée aux personnes seules ou sans enfant détaille cette liberté.

Des enveloppes qui s'ajoutent

Le tableau ci-dessus n'est pas tout. Deux dispositifs viennent s'y ajouter, et non s'y substituer.

Le don familial de sommes d'argent exonère 31 865 € de plus, tous les 15 ans, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et que le bénéficiaire soit majeur. C'est ce cumul qui permet, par exemple, de transmettre bien davantage à un petit-enfant que ne le laisse croire son abattement, comme nous l'expliquons dans Combien puis-je donner à mes petits-enfants ?.

Et jusqu'au 31 décembre 2026, un don destiné à financer un logement neuf ou des travaux de rénovation énergétique peut être exonéré à hauteur de 100 000 € par donateur, dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire.

Pourquoi c'est utile, au fond

Donner de son vivant n'est pas qu'une affaire d'impôt. C'est aider au bon moment, quand vos proches en ont besoin, plutôt que trente ans trop tard.

Mais l'effet fiscal existe, et il tient à une mécanique simple : ce que vous transmettez maintenant sort de votre patrimoine, et l'abattement se recharge tous les 15 ans. Une personne qui commence tôt l'utilise plusieurs fois au cours de sa vie ; une personne qui attend ne l'utilisera qu'une seule fois, au décès. À patrimoine égal, l'écart final est considérable.

Un dernier réflexe très concret : depuis le 1er janvier 2026, un don d'argent se déclare en ligne, dans le mois qui suit. Un don non déclaré ressurgit au règlement de la succession, au pire moment.

Ce que ça veut dire pour vous

La question n'est donc pas « ai-je le droit ? », mais « à quel coût, et dans quelle limite ? ». Entre 0 % pour une association et 60 % pour un ami, l'écart est tel qu'il change souvent la façon dont un projet se construit.

Ces chiffres sont donnés à titre indicatif, selon la réglementation en vigueur ; votre notaire les confirmera et vérifiera l'équilibre avec vos héritiers. Pour savoir ce qui, dans votre situation, mérite d'être organisé, commencez par votre bilan successoral gratuit.

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