Publié le 12 juillet 2026
Héritage et fonds souverains : la proposition Aghion expliquée simplement

C'est l'idée qui anime le débat fiscal de l'été : le gouvernement envisage de reprendre, pour le prochain budget, une proposition de l'économiste Philippe Aghion, prix Nobel d'économie 2025 (franceinfo). De quoi s'agit-il, en langage clair ?
L'idée en deux phrases
Plutôt que de laisser les très grands patrimoines se transmettre tels quels, la proposition consiste à orienter une partie de ces grandes transmissions vers des fonds souverains, c'est-à-dire des véhicules d'investissement publics finançant l'économie productive. Les héritiers qui ne joueraient pas le jeu verraient leur fiscalité alourdie.
La logique derrière
L'héritage représente aujourd'hui environ 60 % du patrimoine total des Français, contre 35 % dans les années 1970. L'idée d'Aghion s'inscrit dans un constat d'économiste : une richesse qui se transmet sans irriguer l'économie est une richesse qui « dort ». L'objectif affiché n'est pas de confisquer, mais d'inciter à investir.
Les questions encore sans réponse
À ce stade, il s'agit d'une piste de travail, pas d'un texte : à partir de quel montant parlerait-on de « grande transmission » ? Quel taux ? Quel calendrier ? Aucun de ces paramètres n'est arrêté, et le débat parlementaire s'annonce long. Une proposition de loi sénatoriale sur les grandes successions circule en parallèle, signe que le sujet est durablement installé. Notre décryptage du débat complet fait le tour des propositions.
Qui serait concerné ?
Dans l'esprit de ses promoteurs, cette mesure vise les transmissions les plus importantes, pas les successions familiales courantes. Mais tant qu'aucun seuil n'est fixé, la prudence commande de suivre le dossier sans conclure. Le bon réflexe reste le même : faire le point sur votre situation sous les règles actuelles, et laisser votre notaire veiller sur les évolutions.
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